La mise à l'herbe printanière est une période critique pour le système digestif du cheval. Une transition trop rapide vers une herbe riche en fructanes et en azote peut provoquer des pathologies graves comme la fourbure et les coliques. Pour sécuriser ce changement de régime, une transition progressive combinée à l'utilisation stratégique de plantes médicinales (drainantes, hépato-protectrices et prébiotiques) permet de soutenir le microbiote intestinal et de limiter les risques métaboliques.
Les dangers de l'herbe de printemps : pourquoi le métabolisme du cheval est-il en danger ?
Au printemps, la repousse de l'herbe est gorgée d'eau, de protéines, mais surtout de glucides solubles, notamment les fructanes. Le système digestif du cheval, habitué au foin sec durant l'hiver, n'est pas préparé à cette transition brutale.
Les mécanismes pathologiques
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La perturbation du microbiote : L'excès de sucres rapides arrive massivement dans le gros intestin. Les bactéries cellulolytiques (qui digèrent les fibres) meurent au profit des bactéries productrices d'acide lactique. Cette acidification (acidose) détruit la barrière intestinale.
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La crise de coliques : La fermentation excessive de l'herbe jeune produit des gaz en grande quantité, entraînant des coliques de fermentation ou des déplacements de côlon.
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Le déclenchement de la fourbure : Lors de l'acidose, la mort des "bonnes" bactéries libère des endotoxines dans le sang. Ces toxines atteignent les sabots, perturbent la circulation sanguine locale et déclenchent une inflammation aiguë des lamelles du sabot : la fourbure.
Le chiffre clé : Selon les données épidémiologiques vétérinaires (études du Pr. S.P. Preston), près de 50 % des cas de fourbure recensés en Europe sont directement liés à un accès non contrôlé à l'herbe de printemps ou d'automne.
Symptômes : repérer les premiers signes d'alerte
Une intervention précoce augmente considérablement les chances de récupération. Vous devez surveiller quotidiennement votre cheval durant les trois premières semaines de mise à l'herbe.
Signes de coliques digestives
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Le cheval se regarde les flancs, gratte le sol ou se couche et se relève fréquemment.
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Une absence ou une diminution marquée des crottins, ou à l'inverse, une diarrhée liquide.
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Un rythme cardiaque supérieur à 45 battements par minute au repos.
Signes précurseurs de la fourbure
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Un piétinement permanent : le cheval transfère son poids d'un membre à l'autre.
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Une chaleur anormale au niveau de la paroi du sabot et de la couronne.
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Un pouls digité fort et bondissant (perceptible en arrière du boulet).
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La posture caractéristique en "arc de cercle" : le cheval campe sur ses antérieurs pour soulager la douleur en pince.
Solutions et prévention : le protocole de transition
La prévention repose sur une règle d'or : la progressivité, complétée par un soutien phytothérapeutique adapté.
1. La règle des 15 jours (Gestion du pâturage)
Le microbiote équin a besoin de deux semaines pour adapter sa population bactérienne à un nouveau type de nourriture.
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Jours 1 à 3 : 15 à 30 minutes de pâturage par jour maximum, après un repas de foin.
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Jours 4 à 7 : Augmentation par paliers de 30 minutes par jour.
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Jours 8 à 14 : Accès de 2 à 4 heures par jour, de préférence en fin d'après-midi (moment où le taux de fructanes commence à baisser par rapport au milieu de journée ensoleillé).
2. Le soutien par les plantes : drainer et protéger
Pour accompagner l'organisme, l'utilisation de plantes médicinales sous forme de cures de 3 semaines est fortement recommandée par les phytothérapeutes équestres. Vous pouvez retrouver ces actifs ciblés dans les compléments de notre gamme de soins spécialisés pour chevaux.
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Le Chardon-Marie (Silybum marianum) : Riche en silymarine, il protège activement les cellules hépatiques (le foie) contre les endotoxines libérées dans le sang lors de l'acidose intestinale.
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L'Artichaut (Cynara scolymus) : Il stimule la production de bile et aide à l'élimination des toxines accumulées dans l'organisme lors du changement de métabolisme.
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Le Pissenlit (Taraxacum officinale) : Ses vertus diurétiques et dépuratives puissantes soutiennent les reins et le foie, favorisant une élimination globale des déchets métaboliques.
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La Levure de bière (Saccharomyces cerevisiae) : Utilisée comme prébiotique, elle stabilise le pH du gros intestin et nourrit la flore bénéfique, réduisant ainsi le risque de coliques gazeuses.
Le 18 Mai 2026
Florence Gantier cavalière
et propriétaire de chevaux depuis plus de 35 ans
Sources et références vétérinaires :
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Réseau d'Épidémiosurveillance en Pathologie Équine (REPE)
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Travaux de recherche sur la physiopathologie de la fourbure induite par les glucides – Dr. C. Pollitt
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Guide pratique de phytothérapie équine – Recommandations cliniques de l'Association Vétérinaire Équine Française (AVEF)





